Les pathologies politiques en Afrique : le cas du Sénégal

Cyberpresse nous a livré, la semaine passée, un article sur l’entraînante croissance économique robuste dans la plupart des pays africains tels que le Ghana et le Rwanda. Impressionnant. L’on voit que les choses changent, et le rythme semble voué à s’accélérer. Les Africains sont jeunes et la population du continent devrait doubler à 2 milliards d’ici 40 ans. Pourtant, on a rabâché pendant des années sur l’histoire négligée de l’expansion en Afrique de la classe moyenne et la prospérité relative des villes de la sous-région.

La nouvelle prospérité en Afrique est la bienvenue, mais un dysfonctionnement politique persiste. Et beaucoup de nations en sont victimes. L’annonce que notre président Abdoulaye Wade vient de faire pour se représenter à la présidentielle de février au Sénégal est un sinistre rappel qu’aucune manière de la croissance économique peut adoucir les coups de la politique pathologique.

En lice pour un troisième mandat, Maître Wade a donc déposé, hier, sa candidature controversée au Conseil constitutionnel qui devra trancher sur sa validité à la fin de la semaine. Les observateurs internationaux tels que le sous-secrétaire d’État américain aux affaires africaines, William Fitzgerald, ont jugé lundi « regrettable » que Wade ait décidé de se représenter et qu’il aurait dû prendre sa retraite « pour protéger et soutenir une bonne transition de la démocratie au Sénégal, dans le calme et la sécurité ». Mais c’était sans compter sur son entêtement et sa vive volonté d’achever ses réalisations.

Dans les semaines à venir, cette candidature provoquera surement une vive polémique et alimentera les tensions présentes depuis plusieurs mois au pays : partisans et opposants du chef de l’Etat divergent sur l’interprétation de la Constitution, ce qui fait que l’économie sénégalaise est au ralenti. Je pense qu’il n’y a aucune raison de croire que Wade va faire mieux avec son age avancé (86 ans) s’il est réélu au soir du 26 février. Il devrait laisser la place aux nouveaux leaders politiques afin qu’ils prennent leur chance à la tête de cette nation enviée par sa paix durable.

Peut-être maintenant que la communauté internationale commence à saisir que le problème de l’Afrique n’est pas la pauvreté mais plutôt la démocratie et les abus de pouvoir qui demeurent impunis. Le problème de l’Afrique est aussi de savoir comment répartir équitablement les richesses générées par ses dotations et son peuple… c’est pourquoi je pense que nous méritons un nouvel accent sur la promotion d’une véritable révolution pour la démocratie africaine.

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